Intervention d’Éric Jeanneau, Président de l’Union mutualiste retraite (UMR)

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L'organisation que je représente est héritière d'une tradition déjà ancienne : la première union de mutuelles consacrée à l'épargne retraite est née en 1949, dans un moment où l'on cherchait à refonder la protection sociale. Une allocation complémentaire de retraite fut alors proposée aux secrétaires de mairie et instituteurs par l'intermédiaire d'une Caisse autonome fonctionnant sous le régime de la répartition. Aujourd'hui, l’Union mutualiste retraite est ouverte à tous ; nous comptons 400 000 adhérents, nous gérons environ 10 milliards d’euros d'actifs avec des rentes moyennes de l'ordre de 1 600 euros par an. Nos adhérents cherchent à bénéficier d'un supplément de ressources ou, plus pragmatiquement, d’une forme d’indexation pour maintenir leur pouvoir d'achat et faire face aux dépenses leur permettant de préserver santé et autonomie. Il apparaît que l’allongement de l'espérance de vie a profondément modifié la façon dont les Français conçoivent et vivent cette période de leur existence. C'est un tiers de l’existence dont chacun souhaite profiter pleinement. Pour ce faire, il convient de pouvoir associer au régime de retraite par répartition une épargne individuelle de complément.

Stratégiquement et économiquement, le chantier de la réforme des retraites implique d’évaluer le recours à une épargne individuelle. Dans la cartographie présentée précédemment, on peut observer une hétérogénéité très diffuse. Si on fait un zoom sur la catégorie des salariés de la fonction publique, qui représentent 80 % de nos adhérents, on découvre une multitude de situations que la réforme peut impacter fort différemment. En particulier, l'intégration des primes dans le calcul des points aura, par exemple, pour conséquence de pénaliser les professeurs des écoles qui n'en perçoivent aucune. Il faut faire bouger les lignes : l'apport de l’épargne retraite individuelle mérite d’être pris en considération. La révision des mécanismes d'incitation fiscale, notamment vis-à-vis des foyers non soumis à l'impôt sur le revenu, soit plus de la moitié des ménages, est susceptible d’ouvrir de nouvelles voies pour la mise en place de solutions équitables. On pourra recourir à un abondement de l’État -et de l’État employeur- ciblé sur les catégories les plus vulnérables, éventuellement limité à la phase de transition associée à la future réforme.